• Rubrique Tourisme
  • Commentaires 0
  • Lectures 176

Val-d’Isère, espace Killy, secteur du Fornet.  « Dès qu’il y a de la poudre, tout le monde vient ici pour tracer », lance un moniteur à L’École de ski français (ESF) de Val-d’Isère. A chaque retour du grand beau, c’est le même scénario. Les fondus de poudreuse piaffent dès l’aube. Dès l’ouverture des remontées mécaniques, c’est la ruée. A 9 heures, les premières bennes du téléphérique du Fornet sont prises d’assaut. Puis les planches à touche-touche piétinent d’impatience au départ du téléski du Signal.

A l’arrivée, c’est à qui gravera la première godille dans la pente vierge. Même pas le temps d’admirer les sommets, la Pointe de la Galise et son glacier plat, la Grande Sassière, la Tsanteleina, frontière entre la Haute-Tarentaise savoyarde et l’Italie… Ces jours-là, mieux vaut attendre un peu avant d’attaquer la combe du Signal et le Grand Vallon, et commencer la journée tout en haut du domaine, au Pissaillas (3 300 m) ou en bas, dans la forêt. Avant de plonger dans la combe, déserte en cette fin de matinée.

Unies pour le meilleur dans l’Espace Killy, les neiges de Val-d’Isère et de Tignes offrent l’un des plus vastes domaines hors piste de nos sommets, l’un des plus variés aussi: plus de 10 000 ha pour zapper de la petite combe au grand vallon, de la pente soutenue à la balade. Nombre de skieurs et snowboardeurs s’y engagent seuls, inconscients des dangers de cette montagne si séduisante. Certes, partir avec un professionnel n’est pas obligatoire. Mais c’est prudent. Question de bon sens: le moniteur ou le guide sait, lui, jauger le manteau neigeux.
Sa connaissance de l’environnement en fait aussi un compagnon précieux. Il vous présentera les cimes et dénichera, après une marche d’approche, le bon coin non « traffolé » (vierge de traces). Il discernera à l’œil nu les bouquetins là-bas, juste en face, et vous tendra ses jumelles pour les observer. Il suggérera l’adresse sympa du déjeuner, bref, il vous apprendra l’art de vivre hors piste skis aux pieds.

Du sommet des Montets, à 3 300 m d’altitude, la descente du col Pers a duré une heure et demie. Le temps de digérer: 950 m de dénivelé, face nord, donc bonne neige, sous l’insistante caresse du soleil de l’après-midi. C’est ici que l’Isère prend sa source. Et l’on glisse dans sa vallée jusqu’au surplomb des gorges de Malpasset. Aucune remontée mécanique ne trouble l’ordre sauvage de ce grand blanc strié de barres rocheuses. Pas un skieur à l’horizon. La civilisation s’est envolée à mille lieues. A 1 000 m plus bas, au hameau du Fornet, terminus de la journée.

Le lendemain, le soleil illumine la Grande-Motte, 3 500 m, point culminant et tignard de l’Espace Killy. Juste en dessous, le restaurant Panoramic, le bien nommé, suggère la pause café avant d’attaquer la longue descente jusqu’au village des Brévières, niché à 1 550 m au pied du barrage de Tignes. Ce matin-là sera celui de tous les efforts. Y compris un quart d’heure de marche, skis aux pieds puis à l’épaule, pour mériter cette somptueuse pente veloutée à 30°.

Et l’on se sent soudain des ailes dans ce passage étroit entre les rochers, qui s’élargira sur la face nord de la Grande Balme. Surtout ne pas tomber, s’appliquer, garder le rythme.
Les skis dansent, imprimant sur la neige douce un serpentin parfait. Ouf! Une succession de télésièges permet de souffler jusqu’à l’Aiguille Percée, œil cyclopéen taillé dans la roche. Elle marque le départ de la plus grande évasion tignarde: les Vallons de la Sache, 1 200 m de dénivelé. Après une telle matinée, on s’effondre. Repu de « peuf » (poudreuse), gavé, grisé.

Seul un guide de haute montagne est habilité à emmener des clients sur les glaciers et en randonnée de plusieurs jours.

Bon à savoir
– Saison. L’Espace Killy est ouvert jusqu’au 4 mai.
Matériel.
Obligatoire: l’appareil de recherche de victime sous avalanche (Arva), à louer 8,30 € la journée ou 5,80 € la demi-journée.
Conseillés: des skis haut de gamme, de type  « freeride », un sac à dos, une gourde, de quoi grignoter, un masque (le temps peut changer) et une paire de gants de rechange (appréciables après plusieurs gamelles en profonde).
Utile: un téléphone portable avec les numéros des secours de Val-d’Isère (tél.: 04.79.06.02.10) et Tignes
(tél.: 04.79.06.32.00) enregistrés. Toutefois, le mobile ne passe pas partout, à l’inverse de la radio dont le moniteur est équipé.
Renseignements.
Offices du tourisme de Val-d’Isère
et de Tignes, tél.: 04.79.40.04.40

Il vous sera facile de trouver de nombreuses auberges et hotels dans la région.

Source : http://www.delini.info/souvenir-ski-val-isere
Auteur :

  • Par
  • Rédigé le 6 mars 2018
  • Textes écrits : 15

Faire un commentaire